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Aménagement du presbytère de Bressuire en l’an XII de la république

Le 18 Germinal de l’an XII de la République Une et Indivisible, le Conseil municipal de Bressuire se trouvait réuni. La séance était présidée par le Maire : Alexandre ROLLAND ; le citoyen Chevreau remplissait les fonctions de secrétaire.

Séance importante, puisqu’il ne s’agissait pas moins de donner suite à une lettre de Monsieur le Préfet des Deux-Sévres, lequel demandait au Maire de procurer un logement "décent, commode et convenable" au curé et de lui accorder un augmentation de traitement.

L’Abbé Thouzalin venait de rentrer tout juste dans les bonnes grâces de l’Administration préfectorale en faisant sa soumission et en abandonnant la dissidence, aidé en celà par un Géneral d’Empire : Dufresse, ancien comédien en garnison à Bressuire. Aussi est-il permis de penser que le retour de ce prètre contribua à lui octroyer les faveurs du Préfet Dupin.

Le maire de Bressuire était dans l’embarras puisque la ville brûlée et démantelée quelques années auparavant par les Colonnes infernales, ne possédait plus aucun immeuble décent, à tel point que les services municipaux étaient relégués dans une chambre du tribunal civil, rue Notre-Dame. Il y avait bien en fait l’ancien Hôtel de ville "extrèmement dépavé et l’état dans lequel se trouvait cette maison la disposait à une ruine prochaine si l’on y faisait au moins les réparations les plus urgentes puisqu’il n’y avait ni porte ni contrevent".

Nos édiles en discutèrent longuement ; comme la commune ne possédait pas un autre édifice qui puisse réunir les conditions d’agrément et de commodité propres à en faire un prebytère, on décida d’y faire les réparations les plus urgentes pour le rendre habitable(1).

Un premier examen des travaux fit ressortir une dépense de 1 200 Frs, somme importante pour l’époque, qui dépassait de beaucoup les possibilités de la ville dont le budget n’était alors que de 3 653 Frs. Aussi décida-t-on, en contre partie, de demander au Préfet que les aubergistes et cafetiers "paient la taxe sur le vin rentré par eux depuis la date de l’arrêté pris pour l’établissement de l’octroi."

Le Conseil voulut bien admettre ensuite que rien n’était plus juste que d’allouer un supplément de traitement au curé, que l’indemnité accordée à ce dernier en vertu du Concordat était insuffisante pour subvenir aux besoins d’un pasteur "qui se doit tout entier aux soins de son état et dont l’existence doit être honnête et aisée." A l’unanimité on lui vota une somme de 240 Frs.

Il fut alors décidé, au cours de cette séance, que le Maire s’entendrait avec lui pour rechercher un sacristain qui puisse chanter en Latin.

Un Conseiller souleva la question de l’ameublement du Presbytère. Mais celle-ci fut vite tranchée puisque l’Abbé Thouzalin possédait un mobilier à Poitiers. Il demanda seulement que la Ville prenne à sa charge la dépense occasionnée par le transport et l’installation.

Et c’est ainsi que l’immeuble aménagé en l’an XII pour le curé de Bressuire dans l’ancien Hôtel de Ville, allait rester la demeure de tous les prètres qui se succédèrent à la paroisse Notre-Dame. Il fut modifié, transformé, agrandi, pour prendre finalement la physionomie actuelle que nous lui connaissons.

Louis Bazin

Secrétaire-adjoint de la Société des Amis du Vieux Bressuire

(1) Une ou deux pièces étaient déjà occupées par l’Instituteur lequel, de ce fait, dut chercher un autre logement.

N.B Le Presbytère actuel, mis à la disposition du Curé de Bressuire en 1804, était bien "Hôtel de Ville" sous l’ancien Régime.

A ce sujet, aucun doute n’est permis.

Nous en voulons pour preuves les déliberations du Conseil Municipal à l’époque de l’installation de M. l’Abbé Thouzalin, les devis pour la réfection de l’immeuble et enfin la pièce suivante qui figure aux Archives municipales : Réf ; Pièces diverses, N°14 ter, Armes de la Ville.

"LE 26 Juin 1861,

Monsieur le Curé,

Il y a lieu de rechercher ce que peuvent être les armes de Bressuire. La maison du Presbytère ayant été jadis l’Hôtel de Ville, suivant les traditons locales, ne trouverait-on pas dans les signes sculptés sur la pierre qui surmonte le portail de cette maison, ceux qui appartiennent au blason de Bressuire.

Prière à Monsieur le Curé et à Messieurs les Vicaires de vouloir bien m’éclairer sur la nature et la dénomination de ces signes et sur leur signification héraldique.

Signé Bienvenu Charles. Maire

"Bulletin des Amis du Vieux Bressuire", N°4, année 1952-1953.

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