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Estampe : "le prêtre patriote prêtant de bonne foi le serment civique (détail)

La vie de Pierre Richard, prêtre, à travers quelques pièces d’archives

Les actes paroissiaux de Bressuire étant en grande partie lacunaires et beaucoup de minutes notariales ayant disparu, il n’a pas été aisé de trouver les ascendants de Pierre Richard.

Mais alors qu’il est curé retiré à Ardin, grâce à un acte de notoriété passé en 1807 devant le juge de paix de Bressuire, on découvre qu’il est né à Bressuire, le 17 février 1739, fils de Jacques Richard et de dame Poissonnet. Il a selon toute vraisemblance besoin de cet acte et fait venir des témoins attestant de ses origines. On y apprend que son parrain se prénomme également Pierre Richard, curé de Notre-Dame de Bressuire et sa marraine une dame Baranger.

Pierre Richard avait un frère Michel. Leur père est décédé à une date inconnue et leur mère se remarie avec Jean Girard, aussi à une date inconnue. On retrouve le couple Girard-Poissonnet, le 22 août 1786 à Saumur, pour le mariage de leur autre fils Jean. Selon l’acte de mariage, ils sont de la paroisse de Bressuire. Jeanne Poissonnet est décédée à une date inconnue. Jean Girard meurt à Saumur le 6 mars 1792.

Malgré la disparition de nombreuses archives, quelques actes donnent à entrevoir le parcours de Pierre Richard.

Le 30 janvier 1748, un acte reçu devant le sénéchal de Bressuire : une curatelle de Pierre et Michel, enfants de feu Jacques Richard et Catherine Poissonnet mentionne le nom de leur curateur qui n’est autre que Pierre Richard, prêtre curé de Notre-Dame de Bressuire, parrain de « notre » Pierre Richard.

La famille Richard est aisée comme en témoigne un acte passé devant Me Thibaudeau, le 21 novembre 1759. À cette date a été fait un inventaire des biens de la dame Poissonnet, mère de Pierre et Michel Richard, en présence de Jean Girard, leur beau-père. Les biens s’élèvent alors à 37 342 livres.

Le 9 novembre 1761, est insinué l’émancipation de Michel Richard et Pierre Richard ecclésiastique demeurant à Bressuire. L’acte a été expédié par les officiers de Bressuire, le 26 octobre 1761.

Le 15 juin 1763, Pierre Richard, vicaire de La Chapelle-Thireuil, agissant pour lui et pour ses co-héritiers vient faire la déclaration au bureau de Bressuire de Pierre Richard, son oncle et parrain, curé de Notre-Dame de Bressuire, décédé le 18 mai 1761.

Le 6 août 1769, lors d’un acte d’amortissement d’une rente de 20 livres sur une borderie sise à Laubretière, paroisse de Saint-Hilaire-sur–l’Autize, Pierre Richard, clerc au diocèse de la Rochelle demeurant paroisse de Notre-Dame, est présent avec son frère Michel comme héritier de Pierre Richard et Marie Rivet, leurs aïeux.

L’héritage se compose d’une ouche située près de la porte de Juillot, d’un revenu de 9 livres, de 2 petites maisons situées rue de la Poterie, d’un revenu de 15 livres, plus la rente foncière sur une maison située rue Neuve à Bressuire au capital de 100 livres ainsi qu’une autre maison affermée actuellement à Messire Aubin, curé de la paroisse de Bressuire.

En 1786 et en 1787, Pierre Richard dessert la paroisse de Vouvant en Vendée. En 1788, il est curé de la paroisse de Scillé après avoir été vicaire de cette même paroisse, comme en témoigne sa présence à Ardin le 10 juin 1772 à l’inhumation de sa tante Louise Richard.

Alors que la Convention nationale s’est engagée dans une politique de déchristianisation, le 6 juin 1794 (18 prairial de l’an 2), il envoie ses lettres de prêtrise, déclare ne pas vouloir reprendre les fonctions ecclésiastiques. Dans une lettre, il explique que suite à la dévastation de sa maison par les brigands, il croyait avoir perdues ses lettres de prêtrise, mais qu’en fouillant dans ses affaires, il a fini par les retrouver.

Pour raison de santé, il se retire à Ardin dans une maison qu’il afferme par rente viagère à Jean Pineau et son épouse, de Beugné. Il pourra en jouir pendant sa vie moyennant 42 livres par an. L’acte est passé devant Me Bouet et enregistré à Niort, le 8 août 1797 (21 thermidor an 5). Le 20 mai 1802 (30 floréal an 10), le maire de la commune d’Ardin atteste encore de la présence de Pierre Richard « né à Bressuire, curé de Scillé, empêché par l’âge et les infirmités surtout qui l’empêchent d’exercer les fonctions de son ministère. »

Pierre Richard va décéder à Ardin le 5 août 1812.

Un mois auparavant, le 29 juillet, Pierre Richard avait fait enregistrer un testament par lequel il léguait aux pauvres une somme de 200 francs et à sa servante Marie-Anne Jaudeau, 1 lit de drap, 4 serviettes, 2 nappes, 6 essuie-mains et 36 francs en argent.

À la requête de Jacques Benjamin Lambert, curé d’Ardin, un inventaire des biens meubles et papiers est fait par Me Guiotton, notaire à Coulonges, les 2 et 3 septembre 1812, en présence de ses neveux et de son frère utérin. Et les 6, 8 et 14 septembre, toujours à la requête du curé Lambert et des héritiers de Pierre Richard, a lieu la vente des effets et des meubles laissés par le défunt. La somme récoltée est de 3 174 francs 30.

Marc Bouchet.

Sources :

Arch. Dép. Deux-Sèvres : L 98 – 3 E 13456 – 3 Q 11/26 – 2 C 268