Pour la première fois dans cette revue, un article utilise l’intelligence artificielle (IA) pour générer des illustrations. S’il est bien évident que l’Histoire ne peut rester en dehors de cette révolution numérique, certains y voient un danger dans la mesure où l’IA ne cite pas forcément ses sources, sa méthodologie, ses choix… Mais si elle brasse des quantités gigantesques de données historiques, elle ne le fait qu’avec le corpus numérique à sa disposition, ce qui lui interdit la très grande majorité des sources archivistiques et des ouvrages qui ne le sont pas et qui ne le seront pas avant longtemps (seuls quelques pour cent des archives françaises sont actuellement numérisées). Allons plus loin, l’IA se montre encore incapable de lire entre les lignes, de distinguer des non-dits, d’analyser le pourquoi d’une absence de source, surtout de se livrer à une contextualisation des sources qu’elle utilise1. Et puis l’intelligence artificielle ne remplacera jamais le rapport physique au document d’archives, si bien décrit par Arlette Farge2 et que tout historien affectionne. Certes l’IA, créatrice de textes et d’images, envahit progressivement le champ de l’Histoire mais ses limites actuelles laissent encore aux chercheurs d’immenses possibilités. Il leur appartient par contre de savoir user du potentiel d’assistance qu’elle leur offre. Enfin, il est un devoir qui s’impose à eux : la mention du recours éventuel à l’IA (ce que les auteurs de l’article font) dans leurs productions.
Autre originalité dans ce numéro d’Histoire et Patrimoine du Bressuirais : aucun article ne traite spécifiquement de Bressuire. La revue porte son regard sur La Forêt-sur-Sèvre, sur Cerizay et son territoire avant de revenir à Terves.
Le château de La Forêt-sur-Sèvre, 1000 ans d’histoire. Débutée au tout début du deuxième millénaire, l’histoire du château de La Forêt-sur-Sèvre n’a pas été un long fleuve tranquille, passant de famille en famille, depuis les de La Forest au milieu du XIe siècle jusqu’aux propriétaires actuels en passant par des familles illustres : les Du Bellay, Du Plessis Mornay et autres La Rochejaquelein et Rohan-Chabot. Durement frappé, comme beaucoup d’autres dans la région, par les guerres de Religion et de Vendée, détruit puis restauré, le château domine toujours de ses hauts murs et de ses tours la Sèvre nantaise qui s’écoule à ses pieds. Béatrice Galichon et Philippe Charignon nous raconte avec passion les méandres de l’histoire de ce château familial.
L’ancienne église romane de Cerizay. Construite à la fin du XIXe siècle, l’église de Cerizay a remplacé et fait basculer dans l’oubli l’église précédente de style roman dont l’origine remontait à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Stéphane Tarteaut (†) et Daniel Chatry se sont livrés à un travail d’enquête patient et minutieux pour tenter de restituer la splendeur passée de cette église, rasée pour satisfaire le curé de de Cerizay qui voulait offrir à ses paroissiens un lieu de culte à la mesure de leur foi.
Marie baigne dans l’beurre (1873-1957). Regard d’historienne. Peu de femmes peuvent se prévaloir d’avoir marqué le Bocage de leur empreinte. « Marie baigne dans l’beurre », présentée par Dominique Lenne, est de celles-là. Pauvre parmi de petites gens, issue d’un milieu défavorisé, Marie va parcourir le Cerizéen, faisant souvent peur aux enfants, tolérée plus qu’accueillie au coin du feu dans les fermes jusqu’à sa mort en 1957.
Une fête aérienne en 1928 à… Terves. Le développement de l’aviation au début du XXe siècle, stimulé par le premier conflit mondial, a suscité de nombreux meetings au cours des Années folles, partout en France. Pascal Fallourd nous décrit celui de Terves en 1928, présente les As et leurs fabuleuses machines qui vont réaliser de nombreuses acrobaties en vol pour le plus grand plaisir des spectateurs.
1 Grégoire Besson, « Écrire l’histoire avec des algorithmes ? Les enjeux de l’IA dans la recherche en histoire », mars 2025,
https://hal.science/hal-04995345v1/document
2 Arlette Farge, Le goût de l’archive, Éd. du Seuil, coll. Points Histoire, 1997, 176 p.
